Armelle Canitrot, Le huit envolé

Extraits de la monographie parue aux Editions Filigranes, 2007
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Jamais le symbolique n’aura été aussi fort que dans ce travail mettant en jeu le fini et l’infini,  le blanc et le noir, dans une curieuse interprétation du yin et du yang dont la sagesse veut qu’un peu de l’un existe dans l’autre, et réciproquement. Un travail qui voit aussi le triptyque se transformer en retable, dont personne n’ignore le lien à l’art religieux le plus accompli. Notamment l’extra-ordinaire Jardin des Délices de Jérôme Bosch auquel Corinne Mercadier fait souvent référence. Relevant à la fois de la sculpture, du livre et de l’écran, le retable offre ainsi à l’artiste un nouvel espace de représentation idéal pour développer ses obsessions sur le caché et le révélé, sur les volumes et la géométrie, sur la scansion du temps et sur la décomposition du mouvement. Et l’on ne peut s’empêcher de voir un double sublimé de l’artiste et de ses propres contradictions, dans cette danseuse tiraillée entre ses contraintes et ses aspirations, que cette performance montre finalement libérée grâce à l’exercice de son art.

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